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Banque de solutions dépolluantes

Peu de temps a suffi pour que la start-up devienne une référence en matière de dépollution des effluents phytosanitaires agricoles. Elle s'apprête maintenant à plancher sur le développement d'une banque de microorganismes capables de traiter divers effluents toxiques. Un bel exemple de valorisation de la recherche issue du BIAM. Rétrospective.

Publié le 5 août 2020

Avant de s'associer pour créer Adequabio, Daniel GARCIA et Camille ESCOFFIER, chercheurs au sein du Laboratoire de Bioénergétique Cellulaire du CEA Cadarache, étudiaient les bactéries photosynthétiques au sein du BIAM. Dans le cadre de leurs recherches, ils ont découvert que certaines d'entre-elles participaient à la dégradation d'effluents chimiques. Le principe était simple : en présence d'une certaine dose de polluant, les bactéries s'adaptent aux nouvelles contraintes de leur environnement, finissant par s'en nourrir. Breveté en 2004, le procédé est désormais capable de traiter le tributyl phosphate, composé issu de l'industrie nucléaire, généralement difficile à dégrader. L'établissement Barre, spécialisé dans le matériel agricole et installé dans le Lot-et-Garonne, sollicite alors les chercheurs pour tester in situ les capacités de dégradation des composés phytopharmaceutiques à l'aide de bactéries photosynthétiques sélectionnées. L'expérience est réalisée au sein de bassins de lagunage installés dans une exploitation agricole en Aquitaine, située à Clairac. La première expérimentation a démontré que sans optimisation, 85% des molécules actives étaient dégradées. Les preuves d'efficacité, de simplicité d'utilisation et de parfaite adaptation aux différents types d'agricultures du procédé Phytobarre ont suivi dans le cadre du projet européen Life-Phytobarre (2013-2017), augmentant encore de 10% leur capacité de dégradation.

Procédé reconnu par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, les bactéries se nourrissent des toxiques et dégradent ainsi les produits phytosanitaires tout en respectant l'environnement. Elles restent dans le bassin alors que l'eau s'évapore, ce qui conduit en même temps à une réduction du volume des effluents. Aucun rejet d'aucune sorte n'est à déplorer.

Simple d'utilisation, les bactéries sont conditionnées dans un sachet, et sont ajoutées une fois par an pour maintenir la biodiversité dans les bassins receveurs des eaux de lavage d'engins agricoles (tracteurs et pulvérisateurs).

Une banque de bactéries

Sur la base de ces résultats, Adequabio voit le jour en 2018. En deux ans la start-up s'est spécialisée dans le traitement des effluents agricoles. Forte de cette expérience, elle se concentre à présent sur l'avenir avec plusieurs projets de collaborations en poche. « Nous avons dans l'idée de réaliser une banque de bactéries que nous pourrons sélectionner en fonction du type d'effluents chimiques à traiter », projette Daniel GARCIA. « Dans les bassins une microfaune se développe. Il nous faut à présent l'analyser pour repérer d'autres bactéries au pouvoir dépolluant, » poursuit-il. Pour y parvenir, la start-up vient de signer un contrat de collaboration avec le BIAM. « Dans un second temps ce contrat devrait nous permettre de déterminer quels types d'effluents pourront être dégradés et par quels types de bactéries. » La start-up vient également de signer un contrat avec l'ADEME et CEA Tech* dans le cadre d'un consortium qui réunit Adequabio, la Chambre Régionale de l'Agriculture et le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes. Cette collaboration devrait orienter les études sur la dégradation et la valorisation des effluents de serres agricoles.

Pour répondre à ces nouveaux défis la petite équipe va devoir s'agrandir. Un directeur commercial devrait être recruté dans le courant de l'année ainsi qu'une technicienne supérieure aujourd'hui en contrat ARDAN au sein de la start-up dans le cadre d'une formation CNAM. « Si tout se passe bien, un ingénieur de recherche et un directeur des opérations pourraient aussi être recrutés dans un futur proche. » conclut-il.


.* Avec la livraison du bâtiment du BIAM à la rentrée 2020, la zone de la porte de la Cité implantée au sud de Cadarache, rassemblera dans un même périmètre le BIAM et ses trois tutelles (CEA, CNRS, AMU), CEA Tech PACA, et les acteurs économiques de la future zone partenariale semi-ouverte « En'Durance Énergies ». L'ensemble de ce périmètre porte le nom de « Cité des Énergies »

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